Nouveau round pour Rachid

26/10
2014

Lorsque je pénètre dans la salle d’entraînement, Rachid est déjà là, assis sur le bord du ring, au côté de son entraîneur. Ponctuel donc. Surprise…

Lorsque je pénètre dans la salle d’entraînement, Rachid est déjà là, assis sur le bord du ring, au côté de son entraîneur. Ponctuel donc. Surprise : il n’est pas ce que l’on pourrait singulièrement appeler “une baraque à frites” ; plutôt mince, le regard concentré, il porte une tenue aux couleurs de son club “Farrugia team”.

 

Les sports de combat, une passion

Le sport, c’est son dada, sa raison de vivre. Plus il pratique, mieux il se sent ! Comme tous les petits garçons du monde, ce jeune Plaisirois a rêvé de faire carrière dans le football… mais s’est aperçu bien vite que les chances de percer sont assez minces. En parallèle, il a toujours été fasciné par les films d’art martiaux : Bruce Lee ou Jet Li sont de véritables idoles pour lui, et le guideront dans le choix de sa discipline sportive…

Rachid pratique le taekwondo pendant 4 ans, jusqu’à un niveau national mais, souvent blessé et très pris entre ses études et son job d’étudiant, il est contraint d’abandonner. Pourtant le sport lui manque atrocement, sans lui il n’est pas épanoui. Des amis lui parlent alors d’un club de boxe de bon niveau situé à Élancourt…

La boxe, un sport de rigueur

En 2009, Rachid Ahchoui fait ses premiers pas sur le ring. Dès les premiers entraînements, il est mis à rude épreuve : “au début j’étais souvent blessé, physiquement et moralement”, relate-t-il. “Il fallait que je me forme, j’ai pris le temps dont j’avais besoin pour me remettre et je suis revenu”. D’un naturel discret, Rachid n’a pas dit son dernier mot pour autant et s’accroche, gravissant les échelons, combat après combat. Plus qu’un sport, la boxe est un véritable mode de vie, qui lui impose un régime alimentaire strict (les catégories sont établies selon le poids) et un entraînement permanent. “Je suis à la salle 2h tous les soirs, et en déplacement le week-end pour les combats. Quand on décide d’être compétiteur, il y a des sacrifices à faire… C’est un sport très dur qui demande de l’assiduité, de la combativité car il impose une rigueur de vie très stricte. Il faut en vouloir”, précise-t-il.

Ring sans “bling bling”

Ici pas de coupes en tous sens, de sponsors à tout va ou de “m’as-tu vu”, on boxe sans tambours. “C’est un sport individuel mais on travaille en équipe, il y a une très bonne ambiance entre les 15 compétiteurs. Ici, personne n’est le meilleur”, détaille Tanguy, l’entraîneur. “Grâce à la boxe, j’ai parcouru toute la France car même quand ce n’est pas notre propre combat, on se déplace pour soutenir nos coéquipiers”, enchérit Rachid. Ce club familial a forgé sa réputation autour des valeurs que sont l’abnégation, le sérieux et l’assiduité. Véritable vivier de talents en devenir, les plus grands s’y sont entraînés, à l’époque avec le père de Tanguy (actuel coach). On y souligne notamment le passage de Jean-Marc Mormeck, double champion du monde.

Passer pro, un challenge

Pour passer pro, Rachid a dû exécuter un certain quota de combats amateurs. Une fois atteint, lui et son entraîneur ont envoyé une demande à la commission de la Fédération Française de Boxe qui, après analyse du dossier, a donné un avis favorable à la montée de Rachid chez les pros. En amateur, un combat se déroule en trois rounds de 3 min. En pro, ce sont 4 à 12 rounds de 3 min. Rachid ajoute : “les gants sont plus fins, les bandages plus durs (bandages médicaux pour préserver les mains des blessures), on ne porte plus de casque et on combat torse nu”. En France, il est très rare de vivre du métier de boxeur, plus qu’un loisir c’est avant tout une véritable passion.

À 23 ans, Rachid passe aujourd’hui dans la cour des grands. “Sparring” du challenger européen et n°15 mondial, il met tous les atouts de son côté pour atteindre son objectif, devenir champion de France. “Des dizaines de boxeurs entraînés à Élancourt ont remporté ce titre, alors pourquoi pas moi ?”. Déterminé, il est le genre d’homme qui, “quand il a décidé quelque chose, rien ni personne ne l’arrête. Il a un mental à toute épreuve”, témoigne Tanguy, son entraîneur. En misant sur sa “bonne allonge” plutôt que sur sa musculature, Rachid semble prêt à conquérir le monde des bagarreurs et réaliser son rêve, représenter sa ville de toujours, Plaisir. Cette-fois c’est sûr, Rachid a trouvé son sport de prédilection : la boxe, ça lui va comme un gant…

 

* Sparring-partner est un anglicisme utilisé pour désigner un partenaire d’entraînement dans le milieu de la boxe. Il s’agit d’un partenaire d’un certain niveau destiné à faire de l’opposition à un athlète ou champion en préparation de match.