Réforme des rythmes scolaires ou l’équation impossible : Plaisir dit non !

14/05
2014
rythmes sco

Depuis plus d’un an qu’elle a été lancée, Plaisir s’est attachée à appréhender du mieux possible la réforme des rythmes scolaires et a souhaité prendre…

Depuis plus d’un an qu’elle a été lancée, Plaisir s’est attachée à appréhender du mieux possible la réforme des rythmes scolaires et a souhaité prendre le temps de concerter les personnes concernées en plaçant au cœur de sa démarche l’intérêt des enfants. 

Ainsi dès la rentrée 2013, un questionnaire a été adressé à l’ensemble des Plaisirois et notamment aux familles des près de 4.000 écoliers de primaire et de maternelle qui a donné lieu à près de 850 réponses dont les résultats ont été épluchés et synthétisés, avec globalement une réticence des familles à la mise en œuvre de cette réforme. Puis 5 réunions de quartiers ont été organisées pour présenter les cadres de la réforme et échanger avec les Plaisirois. Ensuite ce sont 4 groupes techniques, composés des personnes intéressées (professionnels, ATSEM, animateurs, enseignants, parents d’élèves) qui ont travaillé sur les modalités pratiques de mise en œuvre de la réforme en maternelle et en primaire, sur l’accompagnement scolaire et sur l’organisation des temps d’activités périscolaires (TAP).

Le fruit de ce travail a permis de présenter aux partenaires et aux représentants de l’académie un projet élaboré et ciselé avec minutie, un projet validé unanimement par les représentants de la direction Académique. Puis est venu le temps de consulter et associer les associations à l’élaboration des TAP… C’est donc un travail grand angle et de grande envergure qui a été mené.

Restait à affiner et à évaluer le coût exact de la mise en œuvre de la réforme, et c’est maintenant chose faite : la réforme des rythmes scolaire devrait coûter entre 700 et 800.000 € dont 600 000 € nets à la charge de la ville et donc des contribuables…

Pour autant un certain nombre de questions sont néanmoins restées en souffrance :

- est-on certain que cette réforme soit la bonne dans l’intérêt des enfants, ou aura-t-on droit à une nouvelle réforme dans 6 ans ?
- peut-on copier des modèles étrangers de pays voisins comme l’Allemagne sans avoir les structures ou la mentalité et sans se donner les moyens pour arriver à des situations équivalentes ?
- comment mettre en pratique la réforme après en avoir tracé les contours sur le papier ?
- que ressortira-t-il des TAP ?
- et au final, qui va payer… ?

Et ce d’autant que la réforme imposée par l’Etat survient à un moment où lui-même réclame, exige et impose une cure d’austérité sans précédent aux collectivités locales… Ainsi :

1) L’Etat prône 11 milliards d’économies qu’il va trouver sur nos communes
2) L’Etat réduit les dotations qu’il transfère aux communes et prélève la fiscalité locale (pour Plaisir environ 800 000 € de manque à gagner pour 2014)
3) L’Etat accroît la pression et les prélèvements qu’il réalise sur nos budgets au titre de la solidarité à reverser aux communes moins riches ou souvent moins bien gérées (pour Plaisir plus de 700 000 € en 2013)
4) L’Etat reproche aux villes de trop embaucher

Et pourtant l’Etat impose sa réforme des rythmes scolaires,

1) Une réforme unilatérale
2) Une réforme très encadrée qui ne laisse que peu de marges de manœuvres aux villes
3) Une réforme dont peu de parents veulent
4) Une réforme très compliquée à mettre en œuvre
5) Une réforme qui coûte cher, très cher
6) Une réforme qui impose d’embaucher entre 25 et 30 animateurs diplômés pour assurer les Temps d’Activités Périscolaires

Pour Plaisir l’addition est là.
Alors plusieurs solutions s’offrent à la ville :

- Faire payer les familles à raison de 171 € par enfant et par an
- Supprimer 48 berceaux en crèches (soit près de la moitié des nouveaux berceaux offerts aux parents Plaisirois pour la garde des tout petits), réduire de 30 % les activités des Conservatoires musique et danse ou mettre un terme à toute autre prestation ou service coûtant près de 600 000 €
- Augmenter les impôts d’au moins 3 %
Tout ça juste pour mettre en œuvre une réforme unilatérale de l’Etat dont peu de villes et de familles veulent…

« Après avoir rencontré les personnes concernées, forte des nombreuses remarques de parents qui m’ont été faites depuis plusieurs mois, forte du coût de cette réforme qui est un luxe que nous ne pouvons nous permettre, forte de ma responsabilité de maire qui est de protéger les contribuables Plaisirois,et tout en étant totalement légaliste, j’ai décidé avec l’équipe municipale de faire jouer le droit de retrait de la collectivité et de ne pas appliquer la réforme des rythme scolaires au 1er septembre 2014 » a déclaré Joséphine Kollmannsberger, Maire de Plaisir