EXPOSITION – Giovanni Gobbi, costumier

26/02
2013
Exposition

La passion sur mesure Si l’on devait définir Giovanni Gobbi en un mot, ce serait “passionné”. Originaire d’Ancône (port de l’Adriatique dans la région de…

La passion sur mesure

Si l’on devait définir Giovanni Gobbi en un mot, ce serait “passionné”. Originaire d’Ancône (port de l’Adriatique dans la région de Marche, Italie), il ouvre ses premiers livres d’architecture à l’âge de douze ans et se découvre un véritable attrait pour l’histoire, le patrimoine, la peinture, la sculpture et les arts en général.

Le costume, une machine à voyager dans le temps

Curieux de nature, Giovanni Gobbi part à la conquête du patrimoine européen : châteaux de la Loire, musées de Berlin, opéras de Paris, abbayes d’Angleterre… Au cours de ses visites, il retrouve un même fil conducteur : le costume. “Je me suis rendu compte que le costume est la synthèse de tout ce qui me passionne”, nous explique-t-il. “Nous pouvons traverser les époques grâce à la mode, et pas uniquement grâce aux tableaux.

La réalisation d’un costume demande une étude méticuleuse du contexte historique : chaque costume raconte une histoire, répond à des normes et à des traditions. Par exemple, la tenue d’Élisabeth 1er, souveraine du royaume d’Angleterre (1558 – 1603), imposait  le respect par un col large, des épaulettes relevées de sorte à ce que sa carrure impressionne lorsqu’elle était assise sur le trône. “Réaliser un costume sans se documenter est dangereux, car cela peut donner une vision faussée de l’Histoire”, soutient  Giovanni.

Règles et difficultés du costumier

Il faut également tenir compte du climat du pays, des matériaux à disposition”, précise Giovanni. Avant toute création, il visite, se documente : “Je me perçois comme un styliste d’époque qui se doit de dessiner le costume de la manière la plus authentique possible. C’est une façon de différencier la réalité et le carnaval, et une sorte de respect de l’oeuvre originale.” Dans l’univers théâtral, le costumier a pour objectif de valoriser l’histoire et le spectacle à travers ses créations, mais aussi de traduire les traits de caractère des personnages. “Je dois pouvoir mettre en valeur le bien ou le mal, en concevant un costume plutôt angélique ou à l’inverse maléfique”, précise Giovanni.

L’habit fait le moine

Nous sommes dans une lutte perpétuelle entre l’être et le paraître”, déclare Giovanni. Autrefois, le corps devait s’adapter au vêtement. Les enfants, dès leur plus jeune âge, recevaient des cours d’élégance et de maintien. Les costumes étaient ainsi très “anatomiques” et ne permettaient pas une grande aisance de mouvement. La tenue vestimentaire était avant tout une œuvre d’art qui devait perfectionner la silhouette : “On recherchait chaque fois la perfection”, précise-t-il. C’était aussi un moyen supplémentaire  pour marquer son rang, un genre de “devise sociale”. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et les couturiers sont plutôt dans la recherche du confort avant celle de l’esthétique. Pourtant, Giovanni reste persuadé que “l’art est la subtilité de l’humanité”.

Travail rime avec passion

Un costume est réalisé selon quatre étapes majeures : le dessin, la découpe, la couture et la décoration. “C’est comme un oignon, affirme Giovanni, sous la robe vous trouverez le jupon, la chemise, la dentelle, la lingerie…” Les détails sont donc nombreux sous le costume mais également dessus : perles, broches, nœuds… “Au théâtre, explique-t-il, le costume doit être plus fort, plus “kitch” car il est vu de loin. Les parures seront donc plus importantes, davantage brillantes.

Concevoir un costume lui permet de rêver, de voyager. Il aime donner aux spectateurs la possibilité de découvrir une autre époque, un autre univers ! “J’aime à croire que l’on peut faire revivre le patrimoine grâce à une atmosphère d’antan”, dit-il.

Son projet ? Réaliser un spectacle dans un cadre exceptionnel tel Versailles ou Chambord avec sa compagnie Parsyfal Art Company.

L’Opéra sous toutes ses coutures

Cette exposition vous fera découvrir la mode à travers plusieurs siècles, plusieurs époques : le Moyen Âge, la Renaissance, l’Ancien Régime et l’Empire. Une vingtaine de costumes d’opéra, masculins et féminins, y seront présentés, chacun ayant réclamé au minimum un mois de travail à raison de 12 heures par jour.

Du 12 au 17 février – Salle A. Béjart – Entrée libre

Horaires : mardi, vendredi 14h/18h – mercredi, samedi, dimanche 11h/18h

Infos : 01 30 79 63 14 / 20