CONCERT – Iconoclass à la Clé

27/03
2013
Iconoclass

Iconoclass fait son “p’tit trou”   Chanson Française / Reprises de Serge Gainsbourg Clé des Champs - 06 avril – 20h45 - Tarifs : 9,60€ / 7,50€…

Iconoclass fait son “p’tit trou”

 

Chanson Française / Reprises de Serge Gainsbourg
Clé des Champs - 06 avril – 20h45 - Tarifs : 9,60€ / 7,50€ / 5,30€

 

Quatre musiciens, deux chanteurs, il n’en fallait pas moins pour oser reprendre les titres d’une légende de la chanson française, Serge Gainsbourg. Pendant 1h30, Iconoclass reprend avec brio tous ces airs indémodables qui traversent les générations. Talentueux, ce tribute band* n’a rien d’iconoclaste.

 

L’Essentiel : Comment est né Iconoclass ?
Iconoclass : C’est un soir de l’hiver 2010 où nous digressons avec David, un ami bassiste, vieux complice des années rock’n’roll lyonnaises. On fait un triste bilan de la musique en France, du mauvais business qui la plombe et des vicissitudes qui accablent les musiciens… Bref ! La question qui se pose vite est : qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus positif que de se lamenter ?

E : Pourquoi reprendre le répertoire d’un chanteur et non créer le sien ?
I : Nous partons du constat que nos projets de musique personnelle ne nous feront jamais “économiquement” vivre, et que la musique reste pour nous une nécessité quotidienne. Nous évoquons donc nos potes qui concilient habilement musique et revenus, épanouissement professionnel et statut d’intermittent. Parmi ces amis, il y a ce copain qui fait un tribute aux Beatles… Et c’est la révélation : il a ses projets personnels qui le satisfont artistiquement, et il officie en parallèle dans un groupe tribute grâce auquel il perpétue son statut de musicien professionnel, sans rougir et devoir se compromettre dans des projets purement mercantiles. L’idée du tribute s’impose alors !

E : Pourquoi Gainsbourg ?
I : Le nom de Serge Gainsbourg jaillit spontanément : des chansons à foison, une élégance certaine tout au long de sa carrière, une richesse et un goût musical sûr, une carrière incroyable. Cet artiste français, culte et avec une véritable résonance internationale, contemporain et indémodable, est une référence que nous sommes très nombreux, ici et ailleurs, à avoir en commun !

E : Comment sélectionne-t-on 1h30 de spectacle sur 40 ans de carrière ?
I : Notre premier souci : choisir une set-list et un “angle d’attaque” pour ce tribute. Nouveau constat : Gainsbourg est aussi célèbre pour avoir écrit et chanté des morceaux pour sa propre carrière, que pour celles de ses égéries. Nous décidons donc que dans ce tribute figureraient un chanteur qui interpréterait les morceaux chantés par Serge, et une chanteuse qui reprendrait les morceaux écrits pour ses nombreuses conquêtes : France Gall, Brigitte Bardot, Françoise Hardy, Jane Birkin… Quand au choix des titres eux-mêmes, la liste s’est construite sans forceps ! Entre nos propres désirs et ceux de nos proches, la trentaine de chansons s’est inscrite assez naturellement : comment ne pas jouer des titres fondateurs comme Le Poinçonneur des Lilas ou Les Sucettes à l’anis, impossible d’oublier Melody Nelson et la période reggae…

E : Quelle est la difficulté du “tribute band” ? N’avez-vous pas peur de tomber dans le mimétisme ?
I : Reste le véritable souci de la “formule musicale” à envisager : allons-nous jouer Gainsbourg version XXIe siècle, post-techno-electro-revival ? Ou version hyper french-pop avec guitare sèche, flutiot et glockenspiel ? Très vite, l’idée de vouloir se surimposer par rapport aux arrangements originaux nous est apparue incongrue et déplacée : qui étions-nous pour oser défigurer des bijoux sonores que nous trouvions déjà parfaitement ciselés ? Nous décidons donc de prendre le concept du tribute au pied de la lettre : les arrangements seront respectés précisément !

Le dernier vrai problème reste celui de nos deux chanteurs : devoir incarner et évoquer sans jamais tomber dans l’imitation. Cette ultime difficulté est un point délicat, sur lequel nous savons que le public sera sans concession. Les chanteurs seront (ou pas) le vecteur d’adhésion du public à notre spectacle. Fort heureusement, Beb incarne parfaitement le style dandy de Gainsbourg, sans jamais prétendre prendre sa place dans les yeux des spectateurs.

E : Comment votre spectacle est-il perçu ?
I : Nos premières sorties publiques ont été un franc succès, bien au-delà de nos espérances ! Dans un premier temps, on voit les mines défiantes des spectateurs : toucher à l’œuvre de Gainsbourg peut être perçu comme un crime de lèse-majesté. Mais dès les premiers titres, le charme des chansons opère à nouveau, aidé par le respect des arrangements originaux dans lequel même les spécialistes les plus intransigeants de Gainsbourg se reconnaissent. La recherche du son d’origine à travers des instruments nobles (usage de la contrebasse notamment) et de sample** originaux participe à cette sensation d’authenticité. Les gens chantent et dansent, on peut lire sur leurs visages un vrai bonheur retrouvé, la nostalgie opère !

E : Plutôt Gainsbourg ou Gainsbarre ?
I : Nous ne sommes pas des fans du culte de la personnalité, ni intéressés par l’image publique du chanteur, mais par son œuvre elle-même. Vous ne verrez jamais notre chanteur fumer une cigarette pendant le spectacle, ou singer les mauvais imitateurs de la période Gainsbarre.